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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 14:55

 Article paru dans les echos

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Rappel: "Depuis un an, toute la politique gouvernementale est aux ordres d'instances étrangères. C'est donc une occupation, une dictature, une colonisation. Georges Papandréou n'a plus de crédit, ni de légitimité." Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat de la fonction publique, le 29/05/2011


 

Le plan de sauvetage conclu cette nuit par les ministres des Finances de la zone euro «prévoit de renforcer la surveillance de la Grèce et d'imposer une présence permanente de la mission de la Commission européenne sur place» chargé d'aider le pays à moderniser son appareil d'Etat, a expliqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Au bout de la nuit, les Européens ont fini par arracher l'accord qui permet à la Grèce de ne pas tomber dans le précipice. Bien sûr, tout le monde sait que le répit n'est que temporaire, et qu'Athènes n'en a pas fini avec les crises. Mais au moins, ce marathon de 13 heures de négociations a permis d'aboutir tôt ce matin à un accord sur un plan d'aide de 130 milliards d'euros. Un renflouement qui permet d'éloigner le spectre du défaut de paiement pour le pays, confronté à une échéance obligataire de 14,5 milliards d'euros le 20 mars prochain.

«C'est un plan sans précédent» qui doit «garantir l'avenir de la Grèce dans la zone euro», a assuré le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, à l'issue des négociations. «Désormais, la Grèce a vu le poids de sa dette allégée, ce qui doit l'aider à restaurer la compétitivité de son économie», a souligné Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international, qui a participé à la réunion. Celle-ci a précisé que le dossier serait instruit lors d'un conseil d'administration du FMI la deuxième semaine de mars, où sera abordé «le montant de la contribution du FMI au programme», alors que les Européens s'inquiètent d'une participation du FMI moins forte que par le passé.

A son arrivée hier après-midi à Bruxelles, François Baroin avait jugé que «toutes les pièces du puzzle étaient sur la table», et qu'il suffisait de les emboîter. Ce puzzle s'est finalement révélé diablement compliqué à achever. Avant de donner le feu vert au plan d'aide à Athènes, les Etats de la zone euro voulaient en effet s'entendre sur les moyens pour ramener la dette grecque dans une trajectoire acceptable. Les dernières projections ont en effet indiqué que cette dernière serait plus proche de 129% que de 120% à l'horizon 2020. Voici le document confidentiel de la Troïka sur la 'soutenabilité' de la dette grecque :

«Il nous faut tendre à nouveau vers ces 120%, mais si on parvient à 123 ou 124%, ça restera dans les clous», estimait au début de la séance un diplomate d'un pays poussant à l'accord. En face, le trio des AAA (Finlande, Pays-Bas et Allemagne) - qui ont perdu confiance en Athènes -se sont montrés beaucoup plus stricts sur l'objectif.

Au final, et selon le texte officiel de l'Eurogroupe, les ministres de l'euro zone ont réussi à combler le trou financier en atteignant un taux d'endettement de 120,5% en 2020, en faisant appel à la fois aux fonds publics et aux fonds privés. Côté public, les négociateurs se sont entendus sur une réduction des taux d'intérêt des prêts consentis à la Grèce lors du premier plan d'aides datant de 2010. Les banques centrales de la zone euro vont également être mises à contribution. Cela passera notamment par un coup de pouce accordé par la BCE, qui s'est dit prête à redistribuer aux Etats de la zone euro les plus-values réalisées sur des obligations grecques achetées en dessous de leur valeur nominale, plus-values ensuite redirigées vers la Grèce par les Etats.

Plus de 70% de perte nette des banques et des fonds

Côté privé, les Européens ont fini par se résoudre à rouvrir hier soir les négociations avec les banques sur l'effacement volontaire de la moitié de la dette due par Athènes à ses créanciers privés. Les négociateurs mandatés par l'Institut de finance internationale, Charles Dallara et Jean Lemierre, avaient fait le déplacement à Bruxelles. Après de longues discussions, ils ont fini par accepter de subir une décote de 53,5% sur la dette grecque au lieu de 50% prévu initialement, soit 107 milliards sur un total de 200 milliards. Au total, si l'on rajoute la maturité allongée des nouvelles obligations que les créanciers privés vont recevoir en échange de leurs anciens titres, ainsi que le taux d'intérêt plus faible attaché à ces obligations, alors la perte nette des banques et des fonds dépassera les 70%.

Toutes ces aides ne sont pas sans contreparties. Durs parmi les durs, les Pays-Bas ont réclamé dès le début des négociations une surveillance «permanente» de la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Ils auront obtenu satisfaction, au prix pour la Grèce de nouveaux empiétements sur sa souveraineté. Ainsi, le plan de sauvetage «prévoit de renforcer la surveillance de la Grèce et d'imposer une présence permanente de la mission de la Commission européenne sur place» chargé d'aider le pays à moderniser son appareil d'Etat, a expliqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Signe d'une perte complète de confiance des Européens envers la classe politique locale, Athènes devra également inscrire à terme, dans sa Constitution, que le service de la dette est une priorité nationale. Les fonds alloués seront par ailleurs logés dans un compte dédié -une solution légèrement différente techniquement du compte bloqué défendu initialement par la France et l'Allemagne -à rembourser les échéances obligataires. Pour autant, pas question de parler de tutelle sur le pays. «La tutelle n'est pas un mot qui fait partie de notre vocabulaire. Un contrôle, un monitoring, un accompagnement, des conseils, un suivi, une poursuite de l'expertise par la troïka (UE/BCE/FMI), mais tutelle en aucune façon», a assuré François Baroin à l'issue de la réunion.

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Un déni de démocratie
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