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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 00:52

Billet paru sur le blog de Jacques Attali le 4 juin 2012.

 

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Le fédéralisme ou la mort. Voila l'esprit de cet admirable billet, pondu par le sémillant Attali, propagandiste émérite de l'Europe fédérale. Son expertise est sans appel. Ce qui nous pend au nez, c'est la guerre. Rien que ça. La nation est assimilée à la "dictature de l'individualisme", l'Europe fédérale à l'"idéal démocratique". Amusant n'est ce pas ? Moins que sa conclusion dans laquelle il propose un référendum aux peuples des nations formant l'eurozone portant sur cette question : « Etes-vous favorable à la mise en commun d’une part de votre souveraineté, pour sauver et conforter votre bien-être? ».

 

Bien entendu les arguments visant à étayer cette thèse ne sont pas légions. Pour ne pas dire inexistants. Aux peuples nous ferions mieux de substituer cette question à une autre : Souhaitez vous que Jacques Attali, sorte de boussole indiquant le sud, puisse continuer inlassablement à nous prodiguer ses "conseils" sur la marche que nous devons suivre, alors même qu'il s'est systématiquement planté (ou qu'il a sciemment menti c'est au choix) sur ses pronostics depuis plus de 20 ans ?

 

Pour mémoire, nous vous renvoyons à ces précédents articles très instructifs ici ainsi qu' ici,  et plus particulièrement à cette vidéo dans laquelle il nous explique sa conception de l'"idéal démocratique".

 

L'EUROPE, en fin

 

Si l’union européenne continue pendant quelques mois à se défaire sous nos yeux, en suivant très exactement les scénarios les plus pessimistes, ici exposés depuis des années, elle n’existera bientôt plus.

Les Européens ne veulent pas croire que c’est possible. Ils se moquent de ceux qui le prédisent. Comme ceux qui, à la fin du XVIIIè siècle, refusèrent de voir monter le nationalisme, tout occupés qu’ils étaient avec les Lumières, les droits de l’homme et la découverte du monde, et furent surpris par les 25 ans de guerre qui ravagèrent l’Europe à partir de 1792. Comme ceux qui, à la fin du XIXè siècle, refusèrent de voir le retour des mêmes démons, tout occupés qu’ils étaient avec le progrès, la République et la mondialisation, et furent surpris par les 50 ans de guerre qui ravagèrent l’Europe à partir de 1914.

Aujourd’hui, tout recommence. Le monde a tout pour être heureux. Et l’Europe plus encore : un niveau de vie inégalé, une sécurité sans pareille, une liberté enviée de tous. Et pourtant, les mêmes démons conduiront aux mêmes tragédies. Les plus jeunes ne peuvent le croire, eux pour qui, par Erasmus, l’Europe est devenue une évidence.

Néanmoins, de jour en jour, l’ivresse augmente, l’avalanche grossit, le cancer se diffuse, le tsunami enfle – selon la métaphore qu’on retient.

L’Histoire est écrite d’avance : laisser la Grèce faire faillite, ne pas sauver les banques espagnoles, rester impuissants face aux demandes à venir, italiennes et françaises. Et voilà. C’en sera fini de soixante ans d’efforts. On se rendra compte alors seulement qu’un peu de solidarité aurait pu tout sauver. Que l’Allemagne, bien oublieuse de la générosité des autres à son égard, il y a quelques décennies, porte l’essentiel de la responsabilité. Que la France, depuis cinq ans, n’a ni voulu ni osé plaider la seule cause qui vaille, celle du fédéralisme européen. Qu’à force de nommer des médiocres à Bruxelles, pour qu’ils ne leur fassent pas d’ombre, les hommes politiques des pays de l’Union n’ont que ce qu’ils méritent. Qu’à se croire trop longtemps infaillibles, les banquiers centraux ont fini par ne plus jouer qu’entre eux, à de petits jeux dérisoires d’admiration mutuelle. Et qu’enfin, le reste du monde, Grande-Bretagne et Etats-Unis compris, a trop longtemps cru que l’échec de l’euro serait pour lui une bonne nouvelle.

Mais tout cela n’est pas l’essentiel. Si cette faillite, depuis si longtemps pronostiquée et encore évitable, advient, c’est que, comme au temps où Stephan Zweig écrivait « Le monde d’hier », les Européens l’auront décidé. Faute de projet. Faute de menace aussi, qui pourrait les unir. Emportés par un chacun pour soi suicidaire. Comme si la bataille pour les chaloupes comptait plus, une fois encore, que le sauvetage du navire. Les historiens retiendront que l’idéal démocratique aura été dévoyé en une dictature de l’individualisme, dont nos civilisations seront mortes.

Que reste-t-il alors à espérer quand la solution est si simple techniquement (on l’a dit souvent ici : la création d’un niveau fédéral dans l’eurozone) et si impossible politiquement ? Un réveil des peuples. Comment? Par un accord franco-allemand qui proposerait de mettre au référendum dans toute l’eurozone, le même jour, la question suivante: « Etes-vous favorable à la mise en commun d’une part de votre souveraineté, pour sauver et conforter votre bien-être? »

D’un tel débat, on peut toujours rêver…

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Un déni de démocratie
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commentaires

chimere 26/06/2012 20:52

Je ne comprends pas très bien,à vrai dire ,vos arguments,vous plaidez contre l'UE,puis vous ne jurez plus que par le "saut" fédéral Européen...

Enfin,vous semblez évoquer une espèce de référendum dont le sens de la question m'échappe...

Vous rappelez vous,dans l'histoire très récente de notre pays,d'un référendum qui se tint en 2005,et qui était sensé demander au Peuple français s'il acceptait la "constitution" européenne ?

Vous rappelez vous des résultats ?

54% contre ...!!

Puis la HAUTE trahison de 2007 ?

L'UE est MORTE !

Il faut vous faire à cette idée...

De profondis....

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