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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 17:46

 

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La banque centrale allemande, institution ô combien respectée outre-rhin, se prépare chaque jour davantage à l'implosion, inéluctable, de l'euro-maginot, bien qu'elle prétende le contraire.

 

Depuis plusieurs mois, la banque centrale d'Allemagne est en conflit ouvert avec la BCE. En effet, les allemands s'opposent de plus en plus vigoureusement aux prêts de 1000 milliards d'euros accordées aux banques par la BCE et au rachat d'obligations des pays "périphériques" qui dégradent rapidemment le bilan de l'eurosystem et des banques centrales nationales des "pays du Nord". En effet, la BCE fixe les orientations de la politique monétaire mais, au quotidien, ce sont les banques centrales nationales qui la mettent en oeuvre. Concrêtement, lorsque Mario Draghi annonce qu'il va prêter de l'argent aux banques ou racheter sur le marché secondaire des titres de l'Etat grec ou portugais ce sont en réalité la Banque de France, la Bundesbank, la banque centrale des Pays-Bas etc qui le font et qui doivent en assumer les risques. Ainsi, la banque centrale allemande voit son bilan se gonfler d'actifs pourris, à savoir les obligations d'Etats des pays du Sud, qui ne seront à l'évidence jamais remboursés ou qui seront remboursés en Drachme, Peseta, Escudo etc. C'est inacceptable pour les Allemands car çela s'apparente à de la création monétaire, ce qui a des effets inflationnistes.

 

Aujourd'hui, la Bundesbank vient de jeter un nouveau pavé dans la mare. Normalement, lorsqu'une banque allemande vient chercher des liquidités auprès de la Bundesbank, elle doit présenter des actifs en contrepartie, et les obligations d'Etat de la zone euro sont en théorie les actifs les plus sûrs. Or la banque centrale allemande a décidé de ne plus accepter les titres irlandais, grecs et portugais en contrepartie d'un prêt. Cela signifie  qu'elle ne croit pas en la capacité des ces Etats d'honorer leurs échéances, du moins en Euros. Cela signifie également que, pour la Bundesbank, les Euros grecs, irlandais ou portugais (et bientôt les Euros espagnols, italiens et français...) n'ont pas la même valeur que les Euros allemands.  C'est d'ailleurs une évidence au regard des fondamentaux économiques. Le refus de la Bundesbank d'accepter en contrepartie des actifs de 3 Etats membres de la zone euro revient en fait à reconnaître implicitement que les pays membres de l'euro ont chacun conservé leurs propres monnaies nationales que celles-ci ne sont pas strictement interchangeables. C'est plutôt cocasse pour des Etats qui partagent officiellement une même monnaie unique!! Allons au bout du raisonnement: la Bundesbank anticipe que la réalité économique reprendra le dessus sur le dogme de l'euro-maginot (qui prétend que toutes les économies des Etats membres sont aussi compétitives, ce qui est évidemment faux) et que chaque peuple retrouvera tôt ou tard sa propre monnaie nationale. Ainsi chaque pays retrouvera une politique monétaire adaptée à sa propre situation économique, et non pas à celle de son voisin. Goodbye l'euro!!

 

 

 

 


 Article ci-dessous paru dans La tribune.

 

La "Buba" a annoncé qu'elle n'accepterait plus comme collatéraux pour le refinancement des banques les obligations bancaires garanties par les pays en crise de la zone euro. Un signe supplémentaire de l'éclatement progressif de l'Eurosystème.

 

 

La Bundesbank continue son cavalier seul. Vendredi, une porte-parole de la banque centrale allemande a confirmé que l'institution n'acceptera plus à partir de mai les obligations bancaires garanties par des pays membres de la zone euro bénéficiant de l'aide européenne comme collatéral pour les opérations de refinancement. Concrètement, cela signifie qu'une banque qui souhaiterait obtenir des liquidités auprès de la Bundesbank ne pourra pas déposer comme gage à ce prêt des emprunts bancaires portant la garantie de l'Etat grec, portugais et irlandais. C'est la première banque centrale nationale à prendre cette décision.


Montants concernés

Les conséquences de ce choix seront assez faibles sur le plan concret. "Le refinancement des banques allemandes ne sera pas influencé par cette décision", précise-t-on à Francfort. Jusqu'ici, la Bundesbank n'aurait, si l'on en croit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, que 500 millions d'euros de ce type de titres dans son bilan. Mais il y aurait, en tout, sur le marché, près de 90 milliards d'euros d'obligations de ce genre. A Paris, la Banque de France se refuse à tout commentaire concernant son attitude future sur le sujet. Mais de sources financières, on assure que le volume de ces titres est "infinitésimal" en France.


Décision du 21 mars

Comment la Bundesbank, membre de l'Eurosystème, le système qui regroupe les banques centrales nationales des pays membres de la zone euro et la BCE, peut-elle refuser comme collatéral des titres que les autres banques centrales nationales acceptent encore ? En vertu d'une décision du conseil des gouverneurs de la BCE du 21 mars dernier qui autorisait chaque banque centrale à choisir si elle acceptait ou non ce type de collatéraux. La « Buba », on le voit, n'a pas perdu de temps.


Balkanisation

L'attitude de la Bundesbank est la concrétisation de son opposition à la politique de la BCE et de son inquiétude vis-à-vis de la qualité et de la taille du bilan de l'Eurosystème. Son président, Jens Weidmann, ne cache pas qu'il juge sévèrement la politique de rachat de titres des pays en difficulté, la politique généreuse de la BCE en termes de liquidités accordées aux banques ainsi que les déséquilibres du système de paiement intraeuropéen Target 2. Du reste, la Buba avait refusé d'élargir sa politique de collatéral sur les titres d'Etat, à la différence de la Banque de France ou de la Banque nationale autrichienne, par exemple. Ce qui se dessine clairement, c'est une véritable "balkanisation" de l'Eurosystème où les banques centrales nationales auraient de plus en plus d'autonomie. Or, en théorie, ces dernières ne doivent être que le bras armé de la BCE. La différence est de taille : la BCE est censée réfléchir à l'intérêt de l'ensemble de la zone euro, et non au niveau national. Progressivement, c'est donc l'existence même de la zone euro qui est mise en question.

 

 

 

 

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Une aberration économique
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  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
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