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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 17:18

Article paru sur Marianne.

Voici un article de Claude Nicolet, membre du MRC de Jean-Pierre Chevènement, paru dans Marianne le 16 février dernier. Où comment une minorité politique issue de l'opposition porte à bout de bras l'honneur de la gauche républicaine...


Pour Claude Nicolet, « ce qui se déroule aujourd'hui (en Grèce) est tout simplement historique. On voit un peuple d'Europe se révolter contre la promesse européenne qui devait apporter au continent la paix, la prospérité, l'emploi, la croissance... »

 

(Thanasis Troboukis - Flickr - cc)

« La rue flambe, la Grèce s'embrase, des scènes de guérilla urbaine, les casseurs triomphent... » Les commentaires vont bon train quant aux scènes de violence qui émaillent l'actualité grecque et européenne.
 
Il faut le dire, aujourd'hui, le remède proposé n'est pas seulement économique ou financier, il est consubstantiellement antidémocratique. Le peuple grec refuse que son pays soit « vendu » aux « européens ». Il refuse que sa dignité de peuple libre soit foulée aux pieds par le FMI et la Commission européenne.
 
Le lien entre l'Europe et la liberté se déchire sous nos yeux et ce qui apparaît ce n'est que la loi terrible du marché. Ce qui se déroule aujourd'hui est tout simplement historique. On voit un peuple d'Europe se révolter contre la promesse  européenne qui devait apporter au continent la paix, la prospérité, l'emploi, la croissance...

La faute à l’Etat ou à l’Union ?

Certes, le modèle économique de la péninsule n'est probablement pas exempt de reproche, ses dirigeants politiques sont loin d'être irréprochables, mais est-ce là le fond du problème ? Est-ce là la réalité ? Bien sûr que non et nous le savons tous si nous regardons les choses avec un tant soit peu d'honnêteté intellectuelle et de rigueur dans le raisonnement.

Tout d'abord l'euro ne peut plus fonctionner comme il fonctionne. Encore une fois sur la question monétaire nous nous sommes aveuglés. En faisant Maastricht ses partisans ont tenté de faire passer l'incantation pour une perspective inéluctable : la monnaie unique entraînerait la convergence économique. Mais non.

Une monnaie est un marqueur identitaire

Les grands prêtres du franc fort accroché au Deutsch Mark ont oublié une chose : une monnaie n'est rien si ce n'est un outil et un marqueur identitaire. Un outil  au service de l'économie d'un pays et d'un peuple qui est ce pays et s'identifie à lui. C'est aussi la photographie de la réalité d'une économie, de son reflet.
 
Nous avons l'économie de notre monnaie et la monnaie de notre économie. Elle est aussi l’illustration d’une identité voire d’un tempérament national. Or l'euro qui n'est aujourd'hui qu'un Mark bis, peut-il être la monnaie de la Grèce et de son économie ? Non. Peut-il être la monnaie de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal ? Non. De la France ? Non.

L’Europe n’est pas allemande et ne le sera jamais. Pas plus qu’elle n’est française et ne le sera jamais. Or les monnaies ont besoin de ces marqueurs identitaires. Ce ne sont pas seulement des statistiques, des algorithmes, des valeurs boursières, des équations mathématiques.

Désillusions

Mais les grands prêtres de la monnaie unique ne peuvent pas, ne doivent pas abjurer. Ils sont les gardiens du dogme, donc du système. Peuvent-ils annoncer Urbi et Orbi que les Saintes Ecritures des traités de Maastricht, de Lisbonne, du pacte de stabilité, d'Amsterdam...ne nous ont pas conduit à la Terre promise du bonheur économique éternel. Ce paradis promis nous ne l'avons pas encore suffisamment mérité. Il faudra alors passer par une vallée de larmes et c'est aux Grecs d'ouvrir la voie.

Nouvelles baisses des pensions. Suppression de 15 000 fonctionnaires supplémentaires, baisse de 22 % du salaire minimum, baisse de 32 % du salaire minimum pour les moins de 25 ans, nouvelles privatisations...

Alors plutôt jouer avec le feu, prendre le risque de briser un pays, un peuple, une nation, une démocratie que de remettre en cause les raisons de la crise. L’euro est un carcan pour des pays, des économies qui ne peuvent s’aligner sur les critères allemands de productivité, de compétitivité, de déflation salariale, de tissu industriel très serré. Quel point commun entre l’économie allemande et grecque ?
Alors qui est le plus violent ? Ceux qui refusent de voir leur pays mis à l'encan aux profits d'intérêts étrangers ? Ceux qui voient leur démocratie être mise « sous tutelle » du FMI et de l'Union européenne ? Ceux qui voient leur société voler en éclat au nom de la compétitivité, du libre échange, de la concurrence ? Ceux qui se suicident comme jamais la Grèce n'a connu une telle épidémie qui touche celles et ceux qui retournent contre eux la violence faite à leur pays et à leur société ?

 
La situation grecque doit nous servir d’exemple et d’avertissement et il faut appeler un chat un chat : les mêmes causes entraîneront les mêmes effets. L’euro dans son fonctionnement actuel est en train de détruire l’Europe comme idée de coopération possible entre Etats Nations. Il s’attaque donc aux fondements même de la démocratie. La fuite dans je ne sais quel mirage fédéraliste ne fera que nous précipiter dans des impasses politiques et intellectuelles d’où sortiront le pire.
 
Les peuples n’accepteront pas d’être asservis et de voir leur histoire, leurs combats pour le progrès social, détruits sur l’autel d’intérêts particuliers. Il faut donc de façon urgente proposer un « Plan B » pour une monnaie qui nous fait désormais courir un risque majeur. Il ne faut pas chercher plus loin d’où vient la fameuse montée des « populismes ». Les souverainetés nationales existent, elles sont inséparables de la question sociale. Nous en avons encore une démonstration flagrante aujourd’hui. Mais il n’y a pas de pire aveugle que celui, ou celle, qui ne veut pas voir.

 

 

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Une aberration économique
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  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
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