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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 16:12

Article de Boris Johnson, le maire de Londres, paru dans the Telegraph.

 

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Au Royaume-Uni, pays amoureux de la liberté, de la démocratie et de son corollaire, la souveraineté nationale, les medias ne sont pas aussi vérrouillés que chez nous et la classe politique n'est pas uniquement composée, loin de là, d'européistes béats et autistes, comme en France. Il est donc possible de dresser sereinement un bilan de l'euro et de la catastrophe sociale sans précédent dans laquelle la monnaie unique est en train de plonger le continent, sans être catalogué d'extrême-droite. Voici le constat de Boris Johnson, le maire de Londres et l'un des homme politiques les plus influents de Grande Bretagne.

 

 

 

 

images-copie-23.jpgJe vois que le G8 a une solution brillante pour les problèmes de la zone euro. Le président Obama dit qu'est venu le temps de la «croissance et l'emploi". Elle est bien bonne! Ca c'est une bonne idée. Permettez-moi de vous montrer comment créer des emplois - à la manière de Bruxelles.

Venez avec moi à travers les rues d'Athènes, non loin de la place Syntagma, et vous serez désespérés à la constatation horrifiée de voir que l'histoire n'est pas une route à sens unique, que le progrès humain n'est pas garanti, et que un pays fier peut être réduit - par des années de torture et d'intimidation - au bord du gouffre par l'effondrement politique, économique et moral complet.

Vous verrez les entreprises qui ont mis la clé sous la porte et des fenêtres brisées parce que personne n'a l'argent ni l'énergie pour les réparer, et sur presque tous les murs des graffitis d'émeutiers plein de haine pour les politiciens. Vous verrez des gens assis sur un carton, la tête baissée, les mains vides, ou poussant des chariots plein de ferraille.

Non loin de la mairie, j'ai vu un homme utilisant le pavé comme un bloc opératoire pour éventrer un matelas sur lequel il va passer le printemps. Dans les yeux de tous les hommes politiques il y a une humiliation vitreuse, un sentiment que le sort de la Nation n'est plus entre leurs mains. Mais pire que l'humiliation est la crainte que les choses vont se dégrader encore davantage. Plusieurs milliers d'Athéniens sont actuellement alimentés par des soupes populaires.

Le taux de chômage est en hausse de jour en jour, et parmi les jeunes, il se situe maintenant à un taux honteux de 54%. Eh oui, messieurs voilà le résultat d'un plan de l'UE pour générer "la croissance et l'emploi". Il s'appelle l'euro, et il a été une catastrophe pour la Grèce et très mauvais (avec une exception notable) pour le reste du continent.

Pour autant que je peux comprendre la "stratégie" de l'UE, il faut maintenant se préparer à ce que la Grèce quitte la monnaie unique. Non pas que les Grecs eux-mêmes soient  psychologiquement prêts à en sortir: les politiciens sont déboussolés, épuisés, et consternés à l'idée de perdre la face et la sécurité en cas de séparation avec «l'Europe». La plupart des électeurs ont choisi des partis
pro-euro. Mais l'argent est retiré des banques, les événements s'intensifient, et il est clair, vu les remarques d'autres dirigeants de l'UE qu'on se prépare à un évènement qui, jusqu'à récemment, était tabou: le Grexit.

Et puis quoi? Et puis la stratégie semblera être la cautérisation de l'amputation, d'encercler les autres maillons faibles, de crier haut et faire aux marchés que d'autres départs ne seront plus tolérés, et obtenir des Allemands de se ruiner, enfin, pour protéger l'Espagne et le Portugal. On nous dit que la seule solution est maintenant une Union fiscale (ou FU). Nous devons avoir «plus d'Europe", disent nos dirigeants, pas moins d'Europe - même si plus d'Europe signifie plus de souffrances, et un refus de reconnaître ce qui a mal tourné en Grèce.

L'euro s'est avéré être une machine infernale, un destructeur de l'emploi, un tueur de la croissance, parce qu'elle consacre et aggrave l'incapacité fondamentale et historique de certains pays de rivaliser avec l'Allemagne dans la fabrication des biens de qualité avec des faibles coûts unitaires de main-d'œuvre. Incapables de rerouver le chemin de la croissance en dévaluant, ces pays sont obligés de regarder mourir leur industrie à cause des importations allemandes, comme l'euro sert de tremplin géant pour vendre des berlines allemandes et des machines-outils dans le reste de l'Europe.

L'Allemagne est presque la seule à enregistrer une croissance économique au premier semestre de 2012, l'Allemagne se porte bien grâce à l'euro, et ainsi la théorie voudrait que l'Allemagne paye pour garder la zone unie en renflouant les pays moins compétitifs, tout comme Londres et le Sud-Est de l'Angleterre subventionne le reste du Royaume-Uni.

Hélas, ce n'est pas une stratégie qui marchera. Comme Angela Merkel l'a clairement fait savoir, il y a très peu de soutien politique - encore moins un soutien populaire - en Allemagne. Les eurocrates voudraient bien une union financière, mais elle est profondément anti-démocratique. Nous acceptons les grands transferts fiscaux dans ce pays parce que la Grande-Bretagne a une seule langue, la même histoire et un sentiment de solidarité qui vient de la conscience d'appartenir à la même Nation, ce que l'Europe ne sera jamais. Plutôt que de créer un «gouvernement économique de l'Europe", un projet qui mènera à l'amertume sans fin entre les bailleurs de fonds pleins de ressentiment et les bénéficiaires humiliés, étant donné que ces pays mis sous tutelle devront accepter des cures d'austérité et des «réformes» antisociales- conçus à Berlin et annoncés à Bruxelles - en contrepartie du fric allemand.

Et ce n'est pas comme si les marchés croiront à ces "pare-feu" ou alors pas pour  longtemps. Si ils ont réussi à éjecter la Grèce, ils sauront qu'ils peuvent éjecter les autres. Tant que l'euro peut se briser, il y a toujours un risque qu'il se brise. Donc, il est franchement incroyable que nous devrions maintenant exhorter nos voisins à aller vers l'union fiscale. C'est comme voir un pilote foncant sur un mur de briques, et lui conseiller d'appuyer sur l'accélérateur plutôt que le frein.

L'Europe a désormais la plus faible croissance de toutes les régions du monde. Nous avons déjà perdu des années à essayer de soigner cette maladie qu'est la zone euro, et nous voulons sauver le cancer en tuant le patient. Nous avons flétri d'innombrables vies et perdu de nombreux emplois en nous illusionant que la réponse à la crise pourrait être "plus d'Europe". Et tout cela pour quoi? Pour sauver le prestige du projet européen, et épargner les egos de ceux qui ont eu tort dés le départ et qui étaient assez timbrés pour soutenir ce désastreux projet de l'euro.

Assurément, il est maintenant grand temps d'accepter que les difficultés à court terme d'une rupture organisée de l'euro - un grand éclatement, peut-être une division nord / sud - serait bien préférable à la folie de continuer à plonger tant de gens dans la misère à travers le continent.

A la fin de ma journée à Athènes, j'étais tellement triste de ce que j'avais vu que je suis allé à un kafeneion et j'ai commandé une Metaxa. Et puis une autre. Enfin, j'ai pioché dans mon portefeuille et j'ai trouvé un billet de banque, plutôt joli, avec une image d'Apollon sur le mont Olympe. "Pas aujourd'hui", a déclaré le propriétaire, en déclinant poliment mes drachmes. "Dans un mois, oui." Ca va être terrible pour la Grèce, et difficile pour la Grande-Bretagne, mais à présent je ne vois pas de meilleure solution.

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Les mensonges de l'euro
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  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
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