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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 17:56

Article paru sur le blog de Jean Quatremer.

 

L'inquiètude est palpable chez les européistes depuis quelques jours. Soit la Grèce décide de courber complètement l'échine, soit elle relève la tête et décide de ne plus se soumettre aux instances supranationales non élues. Dans le premier cas, l'échéance sera repoussée pour quelques mois, dans le second une possible explosion de la zone euro est susceptible de survenir. Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, curé européiste béat et convaincu (ce qui nuit quelque peu à ses qualités de journaliste qui sont, pour le coup, réelles) s'inquiète, dans ce papier publié sur son blog, des futures repercussions du vote grec sur "l'avenir de l'Europe", expression vide de sens qu'aiment employer nos chers propagandistes, qui aura lieu courant du mois de juin. Son inquiètude est inversement proportionelle à l'espoir que ce papier suscite dans nos rangs ! A la lecture de ce texte finalement une question se pose, la Grèce, inventeur de la démocratie, va t elle permettre de la rétablir au sein des Etats européens ?

 

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"Grexit" : la tentation du pire ?

 

La sortie de la Grèce de la zone euro est activement préparée par les partenaires d’Athènes et les instances communautaires qui doutent de plus en plus de la volonté de ce pays de se réformer. Un groupe de travail composé des directeurs des trésors de la zone euro ainsi que de représentants de la Commission et de la Banque centrale européenne (BCE) a même été mis secrètement cette semaine, selon nos informations, pour peaufiner les détails du « Grexit », cet acronyme anglais signifiant « Greece exit ». Karel De Gucht, le commissaire européen chargé du commerce international, a même vendu en partie la mèche en affirmant, hier, dans un entretien au quotidien belge néerlandophone, De Standaard, qu’il « y a, à la fois au sein de la BCE et de la Commission européenne, des services qui travaillent sur des scénarios d’urgence dans le cas où la Grèce ne parvienne pas » à mettre en œuvre les réformes promises. Pour lui, « la fin de partie est arrivée ».

 

« Si on avait voté sur la sortie de la Grèce de l’euro, il n’y aurait pas eu une voix pour soutenir ce pays ! », reconnaît d’ailleurs un diplomate qui a assisté à la réunion des dix-sept ministres des Finances de la zone euro de lundi dernier. « Il a fallu que Jean-Claude Juncker (le président de l’Eurogroupe) fasse un discours de vingt minutes pour ramener le calme. Tout le monde en a marre de payer pour ce pays qui n’applique que très partiellement ses engagements et qui maintenant croit que l’on va revoir à la baisse nos exigences et les financer à l’infini avec l’argent des contribuables européens. Les élections législatives grecques du 17 juin, ce sera un référendum sur le maintien dans l’euro, les Grecs ne doivent pas se faire d’illusion ». Bien vu : vendredi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a suggéré au Président de la République grecque d’organiser, parallèlement au scrutin prévu, un référendum « sur la question de savoir si les citoyens grecs souhaitent ou non rester dans la zone euro», une information provenant de la présidence grecque aussitôt démentie par Berlin...

 Pourtant, à l’issue de l’Eurogroupe, dans la nuit de lundi à mardi, le premier ministre luxembourgeois n’a pas hésité à affirmer devant les journalistes que « la possibilité que la Grèce sorte de la zone euro n’a pas été l’objet de débat, personne n’a plaidé en ce sens » : « cela ne correspond absolument pas à la réalité de ce qui s’est passé », insiste notre interlocuteur. « Officiellement, on ne veut pas les menacer, mais il faut que les Grecs sachent que leur vote aura des conséquences sérieuses ».

Les États et les institutions communautaires ne sont pas les seuls à se préparer à un retour de la drachme : la plupart des banques et des grandes entreprises ont déjà mis au point des scénarios pour faire face au choc, un choc qui risque de s’avérer coûteux, non seulement pour la Grèce, mais pour l’ensemble de la zone euro (lire par ailleurs). Mais, deux ans et demi après le début de la crise grecque, les Européens ne croient plus au risque de la contagion : « il y a un an et demi, un risque d’effet domino aurait pu exister », estime ainsi Karel De Gucht. « Nous avons mis en place un pare-feu de 850 milliards d’euros (le Mécanisme européen de stabilité) et la zone euro est bien plus solide qu’au début de la crise », renchérit un diplomate européen : « on est prêt à courir le risque si les Grecs ne veulent pas comprendre qu’il n’y aura pas de renégociation du programme d’ajustement structurel » exigé par la zone euro en échange de son aide (240 milliards d’euros soit deux fois le montant annuel du budget communautaire). Juncker, lundi soir, a tout juste admis du bout des lèvres que, « si apparaissent des circonstances extraordinaires, je n’exclus pas a priori qu’on parle d’une prolongation des délais » dans la mise en œuvre.

En réalité, la Grèce et la zone euro sont engagées dans une partie de poker menteur avec, comme enjeu, rien moins que l’avenir de la monnaie unique : d’un côté, la gauche radicale grecque (Syriza et Dimar, 23 % des voix à eux deux et qui ont le vent en poupe) qui a bâti son succès électoral en affirmant que les Européens n’oseront pas laissé tomber leur pays même s’il n’applique pas les réformes promises de crainte de voir l’euro exploser. De l’autre, la zone euro qui veut faire comprendre aux Grecs qu’il n’y a pas d’alternative à la rigueur et qu’elle n’hésiterait pas à laisser le pays sombrer dans la faillite afin de le pousser à quitter l’euro et donc l’Union (les deux étant juridiquement liés). Ce n’est pas un hasard si la BCE a annoncé avoir coupé l’accès à ses crédits à quatre banques grecques, un avant-goût de ce qui l’attend en cas de sortie. « On ne peut être à 80 % pour le maintien dans la zone euro et voter pour des partis qui ne veulent pas des réformes », assène un diplomate européen.

Si le 17 juin, les Grecs votent à nouveau pour des partis antiaustérité, rien ne peut donc être exclu : une faillite de la Grèce suivie de sa sortie de l’UE, une contagion de la crise à l’Espagne et à l’Italie, voire une explosion de la zone euro. Autant dire que les Grecs tiennent entre leurs mains non seulement l’avenir de leur pays, mais peut-être celui de l’Europe.

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Un déni de démocratie
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