Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 19:32

Article paru dans la Tribune.

 

Pascal de Lima est économiste en chef de Financial Services and Government, et enseignant à Sciences-po Paris.

getFile-copie-1.jpgOn a tous rêvé de l'Europe mais, le 25 mars, quand la Grèce a récemment célébré sa journée d'indépendance dans la révolte sociale et dans l'accalmie des marchés financiers des questions se sont de nouveau posées comme par réminiscence perpétuelle. Le Président de la BCE, Mario Draghi, n'avait-il pas affirmé que le plus mauvais était derrière nous. Cet optimisme est prématuré. Le problème de la dette souveraine est tout simplement en train de changer de curseur pour se diriger vers le Portugal. 

 

Le Portugal est le prochain pays de la liste et il inquiète à juste titre. Les taux d'intérêt à 10 ans avaient augmenté un peu partout avant le second plan de sauvetage grec, puis ces taux ont de nouveau diminué après. Les rendements du 10 ans italiens sont passés de 7,2% à 5%. En Espagne, ils sont passés de 6,7% à 5,4%. En Irlande de 9,7% à 6,9%. L'exception a été le Portugal. Les bonds portugais ont dépassé les 11% en moyenne au cours des 4 derniers mois et ont touché plusieurs fois le seuil des 13% pour finir à 14% en mars. Plus que cela, les projections du gouvernement portugais s'établissent à -3,3% pour l'année 2012. Certes le Portugal a assez d'argent jusqu'en 2013 malgré la hausse brutale des taux et la récession économique mais pour plusieurs raisons il semble que l'on s'achemine tout droit vers un second défaut souverain. Pourquoi ?


1. La dette totale du Portugal est en fait supérieure à celle de la Grèce. Si la Grèce détient essentiellement une dette publique élevée, par contraste, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande ont beaucoup d'endettement privé. Alors que la dette gouvernementale au Portugal rapportée au PIB est moins élevée que celle de la Grèce, la dette totale qui inclut l'endettement des sociétés non financières et des ménages est beaucoup plus élevée. Du fait de cette dette privée, les entreprises portugaises vont se mettre à faire défaut. Défauts des entreprises, défaut d'un Etat, il s'agit là du principe des vases communicants. Si les entreprises se mettent à faire défaut, comment expliquer que les finances d'un Etat redeviendront soutenable ?


2. Comme la Grèce, le Portugal souffre de fraude fiscale et d'un dysfonctionnement bureaucratique colossal.


3. Il faut ajouter à cela le fait que la plupart des emprunts de l'économie portugaise a été financé par des banques espagnoles. Cela crée la possibilité d'un nouvel effet domino ou la faillite possible du Portugal entrainerait un crash en Espagne.


4. Enfin, l'idéologie et le déni de réalité qui consiste à continuer dans un système de ni-Europe, ni-défaut qui nous conduit à des mécanismes de pare-feux insuffisamment dotés. C'est la théorie du puits sans fond.

 


Malheureusement aujourd'hui, le problème est celui des montants en jeu, les montants colossaux des niveaux d'endettement et le rattrapage sacrificiel en nombre d'années à réaliser pour retrouver ne seraient-ce que les critères de Maastricht (3% de déficit rapporté au PIB, 60% d'endettement). Autant proposer une solution définitive : dans l'immédiat, il est vrai que la généralisation d'un système de décotes pour tous les pays du sud constitue à nos yeux la seule solution viable. Prendre sa perte, accepter le défaut est la seule solution tenable faute de quoi on s'oriente vers une vingtaine d'années d'austérité et de sacrifice. Les désaccords sur cette solution sont bien naturels lorsqu'ils proviennent de ceux qui sont à l'origine de la crise.

 

Image 7

Partager cet article

Repost 0
Published by sortirdeleuro2012 - dans Les mensonges de l'euro
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Sortir de l'euro 2012
  • Sortir de l'euro 2012
  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
  • Contact

Recherche