Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 05:40

 Article paru dans les echos.

La Grèce entame sa cinquième année consécutive de récession. Rarement dans l'Histoire on avait vu le niveau de vie d'un peuple baisser autant en temps de paix. Contrairement à ce qu'on a tendance à affirmer dans les grands médias, la crise grecque ne s'explique pas par la corruption des gouvernants, certes réelle, ou par une mauvaise gestion de l'administration. La Turquie, la Bulgarie, la Pologne, la Russie, le Nicaragua etc sont des pays beaucoup plus corrompus que la Grèce mais ne sont pas dans cette situation catastrophique parce que ces Etats ont eu le bon sens de conserver leur propre monnaie, donc une politique monétaire adaptée à la situation économique nationale.

Or, la pauvre Grèce est prise au piège de cette prison économique qu'est l'euro. L'euro-maginot est une monnaie très forte construite sur le modèle du Deutsche Mark et qui ne correspond absolument pas à la compétitivité de l'économie grecque. Le taux de change de l'euro est en train de détruire l'économie du pays. Pourtant, depuis plus de 20 ans, tous les prix Nobel d'économie nous avaient mis en garde contre l'absurdité d'une monnaie unique pour 17 peuples très différents, avec des compétitivités distinctes.

De plus, les plans de rigueur drastiques et contreproductifs, loin d'assainir les finances publiques, aggravent le problème en accentuant la récession. Les dépenses publiques ont beaucoup diminué ces dernières années mais les recettes fiscales se sont effondrées davantage encore à cause de la chute brutale de la consommation et des faillites d'entreprises à répétition... Cette austérité, imposée en dépit du bon sens par le FMI, la BCE, Bruxelles et Merkozy, relève de l'aveuglement idéologique: il n'y a pas d'exemple dans l'histoire économique d'un plan d'austérité qui a réussit sans être accompagné d'une forte dévaluation, ce qui est impossible pour la Grèce tant qu'elle restera prisonnière de cette prison des peuples qu'est l'union européenne.

Espérons que la réalité économique reprendra le dessus le plus rapidemment possible sur le dogme de l'euro-maginot (qui suppose que toutes les économies européennes sont identiques alors que c'est évidemment faux...) et que nous pourrons fêter (enfin!!) l'explosion INELUCTABLE de l'euro!!

 

 

images-copie-19.jpg

Les salaires nets du secteur privé en Grèce ont chuté de 22,5% entre 2010 et 2011, selon un rapport de l'Organisation pour la coopération et le développement économique.

Le salaire net moyen d'un salarié à plein temps a baissé de 22,5% en 2011, passant de 16.180 à 12.530 euros, soit moins de la moitié de son niveau en Allemagne, selon les données de ce rapport, consacré au poids des charges fiscales et sociales en comparaison du coût du travail. Le salaire brut est passé de 20.457 à 15.729 euros, soit 23,1% de baisse, selon la même source.

Des 34 pays examinés dans le rapport de l'OCDE, la Grèce est le seul pays, avec la Corée dans des proportions bien moindres, à enregistrer une baisse des revenus nets et bruts sur l'année. Le salaire net moyen au Portugal, qui diminue légèrement, devient en 2011 supérieur à la moyenne grecque à 13.278 euros. Le brut y augmente légèrement.

Selon ces éléments, fournis à l'OCDE par le ministère grec des Finances, le salaire grec retombe ainsi à son niveau de 2006, tout en restant supérieur au niveau de 2000. La chute des revenus devrait se poursuivre en 2012, alors que l'inspection du travail grecque a recensé depuis février la signature de 33.133 contrats individuels dans 7.800 entreprises, consacrant des baisses variant de 22% à 28%.

Nouvelles conventions sectorielles

Le 14 mai verra l'expiration du délai de discussions pour la signature de nouvelles conventions sectorielles. En cas d'échec des négociations, le patronat pourra imposer la suppression de la plupart des acquis salariaux, ce qui selon les experts se traduirait par des baisses de 15 à 20% pour les employés concernés. Les représentants des supermarchés et des hôteliers ont déjà manifesté leur intention de s'engouffrer dans la brêche.

Dans le cadre de la politique d'austérité dictée à la Grèce surendettée par ses bailleurs de fonds, UE et FMI, le pays s'est engagé à un nivellement par le bas des coûts salariaux censé redonner de la compétitivité à l'économie grecque, mais pour l'instant le pays ne donne guère de signe de reprise, enfoncé dans sa cinquième année consécutive de récession.

 

 

3068264351_1_3_7PndQqXV.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by sortirdeleuro2012 - dans Une aberration économique
commenter cet article

commentaires

nicolas 28/04/2012 11:00

Avez vous lu "l'union latine le retour" de christian saint-etienne... qu'en pensez vous?
http://www.lenouveleconomiste.fr/lunion-latine-le-retour-14598/

nicolas 28/04/2012 10:55

Merci pour votre site. Malheureusement, il n'y a pas d'avenir pour la France avec nos élites qui s'accroche à leurs illusions européenne. Nous sommes en train de revivre les années 30 (déflation de
Laval, pacifisme lâche et finalement la défaîte et vichy, un autre couple franco-allemand!)! Je vois un très maigre espoir. Je ne sais pas si votre site est très lu mais aucun grand média ne
reprend vos analyses. Les Français se font enfumer. On ne sortira pas de l'euro et on mourira à petit feu (Alain Cotta).

Présentation

  • : Sortir de l'euro 2012
  • Sortir de l'euro 2012
  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
  • Contact

Recherche