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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 13:47

 

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La mise au pas de la nation

 

 

 

En ces temps troublés, le retour aux sources est un exercice tout autant indispensable qu’enrichissant. Le vice de la monnaie unique est issu, comme chacun le sait, du Traité de Maastricht.

 

A cet égard, le discours prononcé par M. Philippe Séguin le 5 mai 1992 dans lequel il dénonce ce texte abject est exemplaire. Mieux, il encourage à garder espoir.

 

La douloureuse caresse des mots énoncés à la tribune de l’Assemblée Nationale ce 5 mai rend certes, vingt ans plus tard la potion particulièrement amère.

 

Néanmoins au vu de l’actualité récente, ce discours, constituant en quelque sorte l'îlot de résistance parmi l'océan de traîtrise et de lacheté, donne indiscutablement ses lettres de noblesse à tous ceux qui contestent le bien fondé de la monnaie unique et par extension le bien fondé de la construction européenne entreprise aujourd’hui.

 

S’il ne devait en rester qu’un seul ces vingt dernières années, ce serait celui-ci. Nul besoin de le commenter ni même de le gloser. La seule lecture suffit.

 

Nous vous proposons simplement une sélection exhaustive de passages nous apparaissant pertinents. Nous vous conseillons bien entendu de ne pas vous en contenter et vous renvoyons ainsi à la lecture intégrale de ce remarquable discours ou encore à son prononcé par son regretté rédacteur.

 

Sur le caractère autoritaire et antidémocratique des institutions européennes :

 

«Voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de Justice .

 

Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences ».

 

« L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette République qu'ils encensent dans leurs discours et risquent de ruiner par leurs actes ! »

 

Sur la souveraineté nationale :

 

« La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas.

 

D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait.[1] C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les Etats fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédération. »

 

« Songez que le juge administratif n'éprouve plus aucune gêne à décider qu'un ministre commet une infraction en prenant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L'administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous ? »

 

 

Sur la notion de fédéralisme « maastrichitenne »


« Pourtant, j'en conviens volontiers, ce qu'on nous propose aujourd'hui ce n'est pas le fédéralisme au sens où on l'entend quand on parle des Etats-Unis ou du Canada. C'est bien pire, parce que c'est un fédéralisme au rabais !

On ferait vraiment beaucoup d'honneur au traité en affirmant, sans autre précaution, qu'il est d'essence fédérale. Il ne comporte même pas, en effet ce serait, après tout, un moindre mal les garanties du fédéralisme.

Car le pouvoir qu'on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n'en hérite. Ce sont des technocrates désignés et contrôlés encore moins démocratiquement qu'auparavant qui en bénéficient et le déficit démocratique, tare originelle de la construction européenne, s'en trouve aggravé ».

 

Sur l'opposition entre nation et mondialisme, entre démocratie et oligarchie

 

« Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d'un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple modalité d'organisation sociale désormais dépassée dans une course à la mondialisation qu'ils appellent de leurs vœux et, de l'autre, ceux qui s'en font une tout autre idée.

La nation, pour ces derniers, est quelque chose qui possède une dimension affective et une dimension spirituelle. C'est le résultat d'un accomplissement, le produit d'une mystérieuse métamorphose par laquelle un peuple devient davantage qu'une communauté solidaire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n'ont pas tous la même conception de la nation : les Français ont la leur, qui n'est pas celle des Allemands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressemblent quand même et nulle part rien de durable ne s'accomplit en dehors d'elles. La démocratie elle-même est impensable sans la nation.

 

De Gaulle disait : « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale. » On ne saurait mieux souligner que pour qu'il y ait une démocratie il faut qu'existe un sentiment d'appartenance communautaire suffisamment puissant pour entraîner la minorité à accepter la loi de la majorité ! Et la nation c'est précisément ce par quoi ce sentiment existe. Or la nation cela ne s'invente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !

Le fait national s'impose de lui-même sans que personne puisse en décider autrement ; il n'est ni repli ni rejet, il est acte d'adhésion.»


« Mais voilà qu'on nous assure que Maastricht serait la condition de la paix et de la prospérité, ce qui signifie par là même que son échec équivaudrait à la régression et, j'imagine, à la guerre. C'est l'une des idées reçues du moment : les nations seraient inévitablement condamnées au déclin par le progrès de la civilisation matérielle. Leur souveraineté serait incompatible avec le renforcement inéluctable des interdépendances économiques et techniques. L'évolution des choses conduirait nécessairement vers un monde sans frontières, chacune de celles-ci constituant un obstacle à l'efficacité, une entorse à la rationalité, une entrave à la prospérité.


Ce sont là des affirmations qu'il nous faut vérifier avec soin car ce qu'on nous demande d'abandonner, pour atteindre la prospérité, ce n'est pas seulement le droit de battre monnaie, c'est la possibilité de conduire une politique économique qui nous soit propre.


Suffirait-il de constituer un grand ensemble intégré pour brusquement et sûrement accroître ces performances ? On en douterait au spectacle de grands ensembles existants qui périclitent ou se divisent. »



[1] A cet égard, cet aveu de Jacques Attali est évocateur

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Un déni de démocratie
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