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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 01:00

 

 

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La situation économique et budgétaire du Royaume-Uni est très dégradée: taux de chômage au plus haut depuis 15 ans, endettement des ménages et des entreprises très élevé (beaucoup plus qu'en France), dette publique importante, déficit public abyssal (beaucoup plus important que celui de la France), répercussions négatives de la récession en zone euro sur la conjoncture britannique, austerité drastique contre-productive... Pour autant, les obligations d'état britanniques inspirent la confiance des investisseurs, ce qui permet au gouvernement d'emprunter à un taux comparable à celui de l'Allemagne.

 

Pourquoi? essentiellement parce que le Royaume-uni a conservé sa propre monnaie nationale et que la Banque d'Angleterre ne s'est pas fixé comme objectif unique et dogmatique la seule lutte contre l'inflation (à l'instar de la BCE). La Banque d'Angleterre met ainsi en oeuvre une politique de soutien à l'activité: dévaluation, baisse du taux d'intérêt directeur à 0,25% et rachat massif d'obligations d'Etat à taux zéro (monétisation de la dette publique ou "planche à billets" pour alléger le poids des intérêts de la dette pour les contribuables).

 

La BCE a fait exactement l'inverse: hausse du taux d'intérêt directeur à 1,5% en avril dernier, acceptation de la surrévaluation de l'euro et interdiction par les traités européens de monétiser la dette des Etats membres de la zone euro. Le résultat de cette politque monétaire dogmatique étant le retour de la récession dans la zone euro et l'aggravation des déficits publics.

 

Ainsi, la France, pourtant à bien des égards en meilleure situation économique que son voisin d'outre-manche est contrainte d'emprunter à un taux plus élevé que le Royaume-Uni car nous sommes pris au piège de l'euro. En effet, si la France avait conservé le Franc, sa propre monnaie nationale, comme l'ont fait les USA, la Suisse, la Russie, le Japon, l'Inde, la Chine, le Brésil, la Suède, le Danemark, la Corée et tous les autres pays développés de la planète, notre situation budgétaire serait incomparablement meilleure qu'aujourd'hui, pour deux raisons essentielles.

 

D'une part, la situation économique générale de la France serait bien meilleure: avec un taux de change adaptée à la compétitivité française, notre pays pourrait relancer ses exportations, équilibrer sa balance commerciale (comme ce fut le cas pendant 50 ans, jusqu'en 2000, grâce au Franc alors que nous avons battu en 2011 le record du déficit commercial depuis 1945 à cause de l'euro, dont le taux de change est totalement surrévalué pour notre économie). Ainsi nous pourrions renouer avec une  croissance forte, la création d'emplois et la consommation, donc les recettes fiscales, et baisser le taux de chômage, donc diminuer les dépenses sociales: le déficit public serait automatiquement considérablement réduit.

 

D'autre part, la Banque de France pourrait, comme ce fut le cas jusqu'en 1973, monétiser la dette publique en prêtant au trésor français à taux zéro et ainsi alléger le fardeau de la dette pour les contribuables.

 

Enfin, si le Royaume-Uni peut se financer à des taux attractifs et semble devoir conserver son AAA, c'est aussi parce que les investisseurs ont confiance dans la livre sterling, monnaie qui existe depuis des siècles (près de 1000 ans) et continuera d'exister aussi longtemps que le Royaume-Uni lui-même. En revanche, l'euro-maginot, construction totalement artificielle et dés l'origine vouée à disparaître comme toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire, vit ses denière heures. Heureusement!!


 

 

 

Ci-dessous un article paru dans les echos sur ce thème.

 

La Grande-Bretagne devrait conserver son triple A étant donné la volonté de son gouvernement d'effacer un énorme déficit budgétaire et la capacité de la Banque d'Angleterre (BoE) à faire fonctionner la planche à billets, estiment les économistes interrogés par Reuters.
L'agence de notation Moody's a affecté lundi soir une perspective négative à la note britannique, tout comme sur celles - Aaa aussi - de la France et de l'Autriche, évoquant la crise de la zone euro et jugeant que l'économie et les finances du pays étaient trop faibles pour résister à un choc majeur.
Mais économistes et analystes jugeaient mardi la Grande-Bretagne suffisamment solide pour s'en tirer sans déclassement, si l'on en croit une enquête Reuters menée à chaud auprès de dix économistes. Il en ressort une probabilité moyenne de 27,5% seulement de voir Londres perdre son triple A.
Malgré une situation économique morose et un taux de chômage au plus haut depuis 17 ans, la Grande-Bretagne continue de jouir de coûts de financement très bas, car les investisseurs considèrent ses emprunts (gilts) comme un havre de paix relatif dans la tourmente obligataire actuelle en dépit d'un déficit plus important que celui de la France, privée de son AAA par Standard & Poor's à la fin de l'année dernière.
Londres, qui a déjà dû renoncer à rééquilibrer les finances publiques à temps pour les prochaines élections en 2015, vise un déficit budgétaire de 8,4% du PIB sur l'exercice 2011-2012 et de 7,6% l'exercice suivant. La France anticipe 4,5% environ cette année et les Etats-Unis réaliseraient 6,2%.
Plusieurs raisons expliquent ce statut relativement privilégié du Royaume-Uni. La maturité moyenne de la dette britannique est de 14 ans, bien plus longue que celle de bon nombre d'autres pays, selon l'Office de gestion de la dette britannique.
En outre, la Banque d'Angleterre a augmenté la semaine dernière de 50 milliards de livres son programme de rachats d'actifs (ce que la BCE se refuse obstinément à faire car c'est illégal depuis le traité de Maastricht. La BCE continue donc de prêter aux banques au taux dérisoire de 1% mais ne prête jamais à taux zéro aux Etats, ce qui se fait en revanche très fréquemment aux USA, en Suède, au Japon, en Suisse, au Brésil etc). Moody's elle-même a souligné le rôle majeur de la BoE comme point d'ancrage de la confiance des investisseurs et estimé que le risque de ne pas trouver d'acheteur de la dette britannique était limité.
"Le Royaume Uni présente le risque de refinancement le plus bas de toutes les grandes économies AAA, sur la base de la maturité moyenne de l'encours de dette britannique (...), en raison de l'important gisement d'investisseurs locaux et de la volonté et de la capacité de la banque centrale à entreprendre une politique monétaire accommodante" (afin de soutenir la croissance et l'emploi, comme aux USA par exemple, mais ceci est totalement tabou pour les technocrates psychorigides de la BCE et de Bruxelles), explique Moody's.
 

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Une aberration économique
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