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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 00:10

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Le graphique ci-dessus se trouve sur bloomberg ou sur n'importe quel site d'informations financières.

Il montre la prime de risque exigée sur les obligations italiennes à 10 ans c'est-à-dire l'écart de taux que doit payer le trésor italien par rapport au taux des obligations allemandes, considérées comme les plus sûres d'Europe. Plus le taux est élevé, moins les investisseurs ont confiance dans la capacité de remboursement de l'Etat émetteur. A cet égard, le graphique qui illustre l'évolution de la prime de risque italienne depuis 12 mois parle de lui-même. Chaque fois que le taux augmente, le coût du d'emprunt l'Etat se renchérit et le déficit public se creuse.

Le taux allemand est de 1,78% au 7 novembre 2011. Cela signifie que pour s'endetter à 10 ans le gouvernement italien doit emprunter au taux de 6,654% ce qui est considérable pour un pays fortement endetté et une économie qui rentre en récession, comme l'ensemble de la zone euro d'ailleurs.

 

 

3 remarques:

-A l'exception de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande jamais aucun pays de la zone euro n'a vu sa prime de risque atteindre un tel niveau. La plupart des économistes s'accordent à dire que si le coût d'emprunt de l'Italie à 10 ans atteint 7%, le pays ne pourra plus se financer sur les marchés financiers et devra faire appel au FMI et à la solidarité de ses partenaires européens, ce que le gouvernement allemand n'est pas prêt d'accepter.

 

- L'Italie, comme l'Espagne, vit déjà sous perfusion. Au début du mois d'août la BCE a en effet relancé son programme de rachat d'obligations des pays en difficultés: 100 milliards d'euros d'obligations espagnoles et italiennes ont ainsi été rachetées en 3 mois. Cette initiative visait à rassurer les investisseurs pour faire baisser les primes de risque, ce qui n'a fonctionné que quelques semaines comme en témoigne le graphique. Toutefois cette décision a provoqué la colère des allemands et la démission du chef économiste de la BCE Jürgen Stark. La monétisation des déficits publics est en effet totalement contraire à la conception allemande de la politique monétaire depuis l'hyperinflation de 1923. Le nouveau directeur Mario Draghi a d'ailleurs expliqué mercredi dernier qu'il ne fallait pas s'attendre à une augmentation des rachats de dettes publiques de la part de la BCE. Le FESF devrait prendre le relai de l'institution de Francfort mais ne dispose que de fonds limités et très insuffisants au regard des besoins de l'Italie et de l'Espagne.

 

- Si l'Italie n'avait pas fait l'erreur historique de rejoindre le désastre de l'euro:

D'une part, la lire italienne serait aujourd'hui beaucoup moins chère, ce qui rendrait les exportations italiennes plus compétitives et le pays plus attractif pour les touristes ou les investissement productifs. Ainsi la croissance serait plus élevée, les rentrées fiscales également, le chômage, les dépenses sociales, le déficit commercial, le déficit public et la dette se réduiraient automatiquement. Cela aurait naturellement pour effet de rassurer les marchés financiers. La Suède a par exemple laissé sa couronne se déprécier de 35% par rapport au dollar en 2009-2010, lui permettant de défendre sa compétitivité, de maintenir son excédent commercial et de renouer avec une croissance (4,8% en 2010!!) beaucoup plus forte que la zone euro (y compris l'Allemagne) avant de revenir à son taux de change initial. Ce raisonnement est valable pour la France.

D'autre part, l'Italie ne serait pas prisonnière du dogme de l'indépendance absolue de la banque centrale et de la stabilité des prix qui ne convient qu'à l'Allemagne compte tenu de son histoire. Ainsi le gouvernement pourrait financer son déficit non pas à un taux élevé auprès des marchés financiers mais à taux zéro auprès de la banque centrale italienne en faisant tout simplement tourner la planche à billets. Dans la situation actuelle, çela n'entraineraît nullement un dérapage inflationniste. D'ailleurs la Suède, la Suisse, le Japon, l'Australie, le Brésil, l'Argentine, l'Angleterre, le Canada, les USA etc ne s'en privent pas, sont dans une situation économique bien meilleure que les pays de la zone euro. Ils ne connaissent par ailleurs pas d'hyperinflation. Il convient de souligner que la banque d'Angleterre détient 20% du total de la dette publique anglaise, alors que la BCE ne possède qu'1% de la dette publique espagnole. Cela explique en grande partie les différences de primes de risque entre ces deux pays, alors que le déficit et la dette publics espagnols sont inférieurs à ceux de l'Angleterre. Ce raisonnement est également valable pour la France.

 

 

En conclusion, nous devons nous réjouir des difficultés actuelles de l'Italie car grâce à elle le désastre de l'euro touche à sa fin, ce qui sera une excellente nouvelle pour tous les pays européens. Il était temps.

 

FORZA SILVIO!!

 

 

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Published by sortirdeleuro2012 - dans Une aberration économique
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  • : SORTIR DU TITANIC AVANT QU'IL NE COULE!! Ce blog vise à permettre au plus grand nombre de citoyens d'ouvrir les yeux sur la triste réalité du désastre de l'euro, dont le bilan catastrophique est désormais incontestable et dont la fin inéluctable se rapproche à grands pas.
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